Airbnb au Maroc : est-ce légal ?
« Airbnb est interdit au Maroc » : on l'entend souvent. C'est faux. La location courte durée est légale, mais elle n'est pas libre.

Oui, Airbnb est légal au Maroc. La location de courte durée n'est pas interdite, mais elle est encadrée : la loi 80-14 et son décret de 2023 imposent une autorisation d'exploitation, des assurances, la déclaration quotidienne des clients et la déclaration des revenus. Ce qui est illégal, c'est de louer sans autorisation, avec une amende de 50 000 à 100 000 DH.
Légal, mais encadré
Aucun texte marocain n'interdit de louer son logement à des voyageurs via Airbnb ou Booking. En revanche, depuis la loi n° 80-14 sur les établissements touristiques et les autres formes d'hébergement touristique, et surtout depuis son décret d'application n° 2-23-441 (Bulletin officiel du 7 août 2023), cette activité entre dans un cadre précis. Les plateformes ne sont qu'un canal de réservation : les obligations pèsent sur le propriétaire ou l'exploitant.
Les obligations, en clair
| Obligation | En pratique |
|---|---|
| Autorisation d'exploitation | Demande via le CRI, avis de la commission régionale, délivrée par le gouverneur. Valable 5 ans, renouvelable. |
| Assurances | Incendie, responsabilité civile, vol. |
| Normes | Sécurité, hygiène, conformité du bâtiment (permis d'habiter ou attestation d'ingénieur). |
| Déclaration des clients | Quotidienne, par voie électronique, auprès de l'administration. |
| Impôts | Déclaration annuelle des revenus, et taxe de séjour selon la commune. |
La procédure d'autorisation est détaillée dans notre article dédié, la déclaration des voyageurs dans celui-ci.
Ce que vous risquez en louant sans autorisation
Selon l'article 42 de la loi 80-14, tel que rapporté par Médias24 lors de la publication du décret, un procès-verbal est transmis au procureur du Roi et l'exploitant encourt une amende de 50 000 à 100 000 DH. S'y ajoutent les risques de fermeture administrative, de redressement fiscal sur les revenus non déclarés et de retrait de l'annonce. Une seule saison illégale peut donc coûter plus que plusieurs années de revenus.
Ce qui pourrait changer
En janvier 2026, le secrétaire d'État chargé de l'Habitat a annoncé au Parlement la préparation d'un décret visant à limiter la location courte durée dans les zones non touristiques, pour préserver le logement des résidents. Au moment où nous écrivons, il s'agit d'un projet, pas d'une règle en vigueur. Nous mettrons cet article à jour dès sa publication.
Raison de plus pour se mettre en règle maintenant : un logement autorisé et bien tenu sera mieux placé qu'une location informelle si les règles se durcissent.
Trois idées fausses
- « Airbnb est interdit au Maroc. » Faux : il est encadré, pas interdit.
- « On a droit à 120 jours par an. » Faux : cette règle est française. Explications.
- « Si je loue à la famille d'amis, je n'ai rien à déclarer. » Dès qu'il y a un paiement et une activité régulière, les obligations s'appliquent.
Questions fréquentes
Airbnb est-il interdit au Maroc ?
Non. La location de courte durée est légale, mais elle doit respecter la loi 80-14 : autorisation d'exploitation, assurances, déclaration des clients et des revenus.
Quelle amende pour une location Airbnb sans autorisation au Maroc ?
La loi 80-14 prévoit une amende de 50 000 à 100 000 DH, avec transmission d'un procès-verbal au procureur, en plus des risques de fermeture et de redressement fiscal.
Les règles vont-elles se durcir ?
Un décret visant à limiter la location courte durée dans les zones non touristiques est en préparation depuis janvier 2026. Il n'est pas encore en vigueur.



